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Biographie détaillée

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Pour mieux me situer dans l'espace-temps et dans le contexte qui fut le mien, et me fit devenir le petit être humain que je suis, il me faut remonter un brin avant ma conception, car nous sommes tous, quelque part, morceau de hasards, morceau de nous, morceau du futur, morceau du passé...

...Moitié Normande, moitié Auvergnate, en 1944, ma mère, avec sa famille, partait de Caen bombardée, au moment où les Hauts Fourneaux étaient en feu. L'Auvergne au bout du chemin pour le début d'une autre vie. Du vert plein les yeux, la nature sauvage arpentée en vélo, les robes somptueuses créées par sa mère ancienne couturière de Coco-Chanel et créatrice de mode, Deauville, le "beau monde", les grandes fermes familiales, les tartes aux mûres, les vaches, la liberté. Assoiffée d'aventure et de voyages elle part pour l'Angleterre. Lors d'une de ces garden-parties dont l'Angleterre d'après-guerre est friande, un jeune hispano-écossais, s'en éprend et tient à tout prix à lui présenter sa famille. Ils partent pour Barcelone (Espagne).

...Moitié Catalan, moitié Allemand, de grand-père photographe, inventeur, de père inventeur, de mère musicienne, en 1936, mon père, avec sa famille, fuyant le franquisme partait de Barcelone pour l'Allemagne. Allemagne qu'ils allaient fuir également en 1939 pour s'installer à Tétouan au Maroc. Retour à Barcelone après la guerre. Intègre une école jésuite. Se crée un costume de Tarzan. Avec une bande d'amis crée le royaume de Iomaloutania, et se nomme Iomalou I, Roi de Iomaloutania. Suit des cours de Beaux-Arts, d'architecture intérieure... Peint, sculpte, expose. Se passionne pour toutes sortes de sciences, la physique, la chimie, la médecine, l'astronomie, la géologie, la mécanique... Fréquente le "beau monde". Organise une de ces fiestas dont l'Espagne d'après-guerre est friande, y invite son meilleur ami tout juste rentré d'Angleterre. Le jeune hispano-écossais présente à mon père sa fiancée. "Elle sera ma femme", voila ce que s'est dit mon père quand il l'a vue. Le coup de foudre a été réciproque. Mon père parlait espagnol, catalan, allemand, ma mère parlait français, anglais. Ils ne se comprenaient pas du tout, se faisaient des dessins pour communiquer. Elle avait l'habitude de se coucher tôt, il avait l'habitude de l'effervescence nocturne Barcelonaise. Ils ont composé avec leurs différences.

****** 1965-1968 Je suis née de tout ça, à Barcelone, un jour d'automne de 1965. Mes parents me baptisent Evina (petite Eve). L'église espagnole m'enregistre sous le prénom de Marie, parce que Evina, ça n'existe pas chez elle. J'ai une grande soeur de quatre ans de plus que moi, née à La Ciotat, elle ne s'appelle pas Marie, parce qu'en France à ce moment-là l'église est plus cool pour les prénoms originaux. Bref, ma soeur et moi, nous sommes adorables mais branchées sur haut voltage. Parvenons du haut de notre petit âge à casser une balançoire en fer et autres bricoles du même acabit. Inscrite à l'école maternelle espagnole, puis à l'école française au Cours Lafontaine. Je me sens grande très vite. Je ris beaucoup on m'appelle mis sonrisa. Je pleure tout autant pour un rien. Jean qui rit, Jean qui pleure. J'aime boire l'eau des fontaines des parcs. J'aime avec de la salive me coller sur les ongles des pétales rouges ou roses de géranium. J'aime, quand à l'école, en attendant les parents on fait la pluie sur les tables de la classe, on tape un doigt, deux doigts, trois doigts et la pluie est de plus en plus forte, et puis on tape avec tous les doigts et puis avec les deux mains sur le bois de la table... et c'est l'averse. J'aime quand on va au terrain des cerisiers à Torellas et qu'on ramène des paniers entiers de cerises et qu'on en a partout sur la figure. J'aime l'odeur de la pluie sur les tomettes en briques de la terrasse chauffée par le soleil, ou quand on les éclabousse avec le jet d'eau ou la piscine. J'aime le soleil sur les couvre-lits jaunes à petits dessins. J'aime quand papa nous fait des sucettes au caramel en forme de coq ou de coeur. J'aime quand maman m'épluche les grains de raisin blanc et m'enlève les pépins, j'aime quand elle me coupe les poires en petits morceaux. J'aime les comptines et les chansons espagnoles.
Je n'aime pas les toutes petites araignées rouges qu'il y a sur les bancs de pierre en été. Je n'aime pas l'odeur de banane des sacs à goûters accrochés dans les couloirs de l'école, je n'aime pas non plus à l'école les odeurs de pipi des toilettes. J'aime ma robe blanche avec un col rose, j'aime ma jupe à petits carreaux, j'aime mon bermuda bleu à fleurs blanches, j'ai une passion pour les chaussures de couleurs et à boucles, quand j'en ai des neuves je m'endors avec elles sur mon oreiller. Je suis très douée pour les couleurs même dans les nuances. Je suis très habile pour défaire rapidement des noeuds compliqués.

****** 1969 Nous avons une petite soeur, elle a aussi un prénom original, l'église espagnole, encore hermétique aux petites excentricités, la baptise Marie, comme moi. Je me sens très grande. Je lui montre comment se coller des pétales de géranium sur les ongles.

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****** 1970 Nous quittons Barcelone pour l'Allemagne, Landau dans le Palatina, à la lisière de la Forêt Noire. Papa, parti en éclaireur, nous trouve le logement et nous inscrit, ma grande sœur et moi à l'école militaire française, ma petite soeur au Kindergarden (jardin d'enfants).

****** 1970-1973 Il y a plein d'enfants dans le quartier où nous vivons, nous sommes toute une clique à prendre le sentier qui mène à l'arrêt de bus. Il y a avec nous plein d'enfants d'une même famille, le plus grand s'appelle Ali. Il m'épate, il arrive à écraser les guêpes avec son poing sur les vitres du bus. Quand on prend le sentier de l'école, comme on est nombreux, ça fait Ali Baba et les quarante voleurs. Le bus de l'école est kaki, c'est un militaire qui le conduit... ça calme... du moins au début, après on s'habitue.
Avec mes soeurs nous faisons des cabanes dans la campagne devant l'appartement. Nous partons grappiller des fruits dans les jardins abandonnés. Il y a les mirabelles et les petites pommes acides qu'on cogne sur le bord du trottoir pour faire gicler le jus. C'est impressionnant un jardin abandonné, les arbres ont le tronc tout noir et moussu, ils sont tout tordus, il y a des herbes hautes partout, et on a peur que quelqu'un surgisse tout à coup au milieu de tout cet abandon. J'aime les promenades dans les grandes forêts, j'aime les grands arbres, les bouquets de muguets que l'on cueille dans les sous-bois. J'aime les châteaux forts sous le ciel gris et dans la brume. J'aime le vent dans les peupliers au printemps. J'aime quand on se roule dans l'herbe devant chez nous. J'aime l'odeur de l'herbe que l'on coupe au printemps. J'aime le marchand de glaces qui passe dans les quartiers avec sa camionnette orange et blanche, qui agite une clochette et qui crie "icemann". J'aime quand on enfreint les interdits et qu'on part tout un groupe à vélo sur la grande route. J'aime les comptines et les petites chansons allemandes. J'aime les comptines et les petites chansons françaises.
Je n'aime pas les pompes à pétrole au milieu des champs.
Je découvre Victor Hugo avec Waterloo. Me prends de passion pour la beauté de ces mots. Je ne comprends pas tout mais ressens intensément la force, la violence, la musique qu'ils recèlent. Je découvre la chanson Danton interprétée par Sardou. Même passion pour ces mots. Très forte réceptivité à la musique des mots, à la puissance des émotions qu'ils peuvent dégager. Je prends conscience de la puissance des mots. J'aime les personnages marginaux, Pippi Langstrumpf (Fifi Brindacier), Arsène Lupin, Danton. Je suis une élève douée mais paresseuse. Très forte en dessin. Très forte en mémorisation de textes et mots compliqués. Je me souviens d'une histoire qui commençait par "Dis-moi, Tifernant, tu as toujours envie de revoir tes parents ? Tifernant est bien troublé. Comment choisir entre l'amour pour ses parents et son amour pour...(?)". J'avais beaucoup aimé, j'aimerais trop la retrouver. J'avais adoré l'histoire de Tom Pouce qui se perd dans la forêt, s'endort au pied d'un sapin, et le sapin baisse ses branches pour lui faire une couverture.

span class="jaune">****** 1974 Nous quittons l'Allemagne pour l'Espagne, Castelldefels à côté de Barcelone. Parti en éclaireur, papa nous trouve le logement, nous inscrit dans les écoles correspondant à nos âges respectifs. Azimutée dans ma nouvelle école espagnole dans laquelle je ne comprends rien au fonctionnement, je découvre les joies d'une année d'école buissonnière. Je deviens menteuse, voleuse. Entraîne dans cette longue et fantastique débauche une petite camarade de classe, Pili. C'était la fin de Franco, dans les rues on entendait "Franco, Franco, tiene el culo blanco". Je ne retiendrai de cette année que les chiffres romains qui m'apparaissent, alors, comme une extraordinaire découverte. Ma petite soeur retiendra que sa maîtresse avait de grosses lunettes et mangeait des "pipas", graines de tournesol. Ma grande soeur n'en retiendra pas plus. Devant tant de chaos, devant cette débâcle générale, mes parents décident de quitter Casteldefels au début de l'été.

****** 1975 Arrivons en France, la Cerdagne, Osseja. Maman nous fait travailler tout l'été pour rattraper notre retard. Dictées, lecture, grammaire, maths.
J'aime tout de cette nouvelle vie. J'aime le paysage, les promenades en campagne, les cabanes, mon chien Wolf, un husky croisé berger belge. J'aime les ruisseaux qui débordent au milieu des prairies. Les fleurs dans les champs. Les bouses de vaches dans les rues du village, l'abreuvoir, le Chemin des écoliers, mon école, mon instituteur monsieur Morat, aller chercher le lait dans les fermes avec mes soeurs. La confiture de mûres, faite par maman et qu'on étale sur des grandes tartines. J'aime l'air froid en hiver quand il se plaque sur le front, quand on en a plein les joues, plein le nez. Sensation de pureté.
Je n'aime pas, par contre que les élèves me trouvent un accent bizarre, des vêtements bizarres et un prénom bizarre. Je me fais offrir alors des camarguaises, cloutées devant et derrière, et quand je traverse la classe, ça fait comme les cow-boys. J'aime Clint Eatswood.
Premier recueil de poèmes, premières chansons. Premier instrument de musique, une guitare. Je dévore la version intégrale des Misérables de Victor Hugo. Découvre Jules Vernes. J'aime la littérature, la poésie, le dessin, les sciences naturelles, les ovnis, et Mission Impossible à la télévision. J'aime encore plus Danton qu'avant parce que maintenant je comprends tous les mots.

****** 1976-1977 Nous avons une nouvelle petite soeur elle a un prénom original aussi, mais elle n'a pas Marie devant, bien qu'elle soit baptisée à Barcelone, le temps a passé, l'église se montre plus moderne. Nous quittons Osséja. Papa nous trouve une très grande maison à Thuir qu'il veut restaurer.

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****** 1977-1980 C'est le collège. J'aime m'occuper de mes petites soeurs, me promener avec mon chien Wolf, mélange de berger et d'husky. J'aime cette très vieille maison qui en attendant d'être restaurée nous permet une totale liberté. Chacune décide donc de décorer sa chambre à sa façon. Nous avons même le droit de dessiner sur les murs. Je peins la mienne en vert et en bleu, porte et cadre de fenêtre en mauve, dessine à la peinture rose des étoiles sur la fenêtre... quand j'y pense...
Maman m'offre "Anthologie de la poésie française", je me dégotte les "Poésies choisies" de Victor Hugo. J'apprends des tas de poèmes pour le plaisir de les avoir en tête en permanence. Si je sens que j'en oublie un passage, je les reprends. J'aime partager la lecture de poèmes et de livres avec ma mère, j'aime partager des conversations scientifiques avec mon père. Il me parle des atomes, de l'infiniment grand, de la conscience universelle, de l'inexistence du vide, me fait monter sur une machine qu'il fabrique et qui sert à se déplacer sur la lune, me montre la beauté du monde et son côté cru, la beauté de l'humanité et son côté absurde. J'ai une frénésie d'écrire. J'écris des textes un peu sur tout. Des tas de poèmes. Des chansons structurées.
Au collège j'excelle en interprétation poétique, les profs me font faire le tour des classes pour que je récite devant d'autres élèves. Je suis la première du collège à théâtraliser des poèmes. Parmi mes sélections, bien sûr, Oceano Nox, Napoléon II, Ce siècle avait deux ans. J'aime de plus en plus jouer avec les mots, rechercher les images choc que des mots juxtaposés peuvent donner. Je recherche des rimes improbables, mettre en rapport des mots qui ne semblent rien avoir à faire ensemble et en obtenir une image forte, une émotion.
Je recherche la compagnie des grandes personnes. Je n'aime pas les conversations des filles au collège, elles m'ennuient, elles m'énervent. Je n'aime pas me sentir fille, je me fais couper les cheveux à la garçonne chez un coiffeur pour hommes, m'achète une casquette de pépé, m'habille en pantalon pinces, bottines de garçon, veston, chemise et cravates que papa me donne, je complète le tout avec une canne en bois pour scander la démarche. Je n'aime pas la blouse rose ou bleu clair obligatoire pour les filles, bleu foncée pour les garçons, j'adopte donc en cinquième la blouse des garçons. Je n'aime pas parce que je m'appelle Müller que certains me fassent le salut nazi. Je donne des baffes à ceux m'énervent trop ou à ceux qui écrasent des fourmis. Quand on demande mon prénom, je réponds Chantal, pour qu'on me laisse tranquille.
En quatrième j'accroche des trombones, des épingles à nourrices et des coeurs à mes pantalons, je me fais des couettes. En troisième je deviens hippie. Le directeur m'appelle "Carnaval" mais il m'aime bien. Il me convoque souvent, convoque souvent maman parce qu'il la trouve jolie, "Alors, comment va notre petite Evina". Elève à la fois sérieuse et dissipée, disciplinée et indomptable. Absolument irrégulière, les profs me disent que plus tard il faudra bien que je rentre dans le moule. Je dis non. Elève rebelle, je m'attire quand même la sympathie des professeurs. Le monde des adultes m'intéresse, je vois dans mes professeurs des êtres humains. Je ressens leurs forces et leurs faiblesses. Je suis dedans et en dehors de la classe, j'analyse beaucoup tous les individus qui m'entourent.

****** 1981-1983 Le lycée. Je continue à écrire beaucoup. Je continue à composer des poèmes, mais de plus en plus de textes existentialistes, imaginaires, et des chansons. Le texte et la mélodie des chansons me viennent en simultané. Les mots semblent porter leur propre musique.
J'aime les cours de sciences, la philo, l'art plastique. J'aime le latin et le grec, j'ai beaucoup d'affection pour André Vinas, mon professeur. Un jour, il remarque un poème que j'ai écrit sur le dos d'un cahier, il me dit qu'il est très beau, me conseille d'éditer. Je dis, "non, j'écris pour moi". Il me répond qu'écrire pour soi ne sert à rien, et qu'un jour je chercherai à me faire éditer. Je suis très littéraire et pourtant je déteste les cours de français. Je ne supporte pas que l'on puisse décortiquer des poèmes. Je ne comprends pas que l'on puisse expliquer pourquoi l'auteur a choisi tel mot, ou tel autre mot, le pourquoi du comment il a placé ce mot à côté d'un autre mot, ça me fait mal pour le poète, ça m'énerve. Côté look, moitié babs, moitié punk, avec des mèches rose fuchsia, crête iroquois à l'occasion. Masque ma personnalité. Ce look, ce n'est pas moi. Mais pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?

****** 1984 Bac littéraire. Je parts pour Montpellier. Je commence l'écriture d'un roman. Ecris de plus en plus de chansons. Je peins des tableaux. Hésite entre l'école d'architecture, l'ESRA à Paris pour apprendre à être metteur en scène, opte pour la philo-psycho. Sorts de là aussitôt, j'ai peur d'y devenir folle, ma tête est assez tourmentée, ne pas m'en rajouter plus. Je m'inscris finalement en lettres anciennes et modernes, théâtre de langue anglaise, poétique, comedia del arte. Excelle en ces choix mais ne me sens pas comblée. Je continue à écrire partout, en cours, en surveillant les élèves dans le collège où je suis pionne à mi-temps.

****** 1985 J'arrête l'écriture de ce premier roman que je trouve trop personnel, trop intimiste. Les poèmes sont de plus en plus rares, les chansons me viennent sans discontinuer. Je commence l'écriture d'un autre roman, une intrigue. Je m'inscris en parallèle de la fac aux cours qui donnent accès à l'Ecole Normale, excelle et abandonne. Je ne me vois pas non plus institutrice.

****** 1986 Poussée par le désir d'avoir l'avis de personnalités littéraires, je présente mes textes à Pierre Toreille (Directeur des librairies Sauramps et membre du jury de prix d'écritures) ainsi qu'à André Stil (écrivain et académicien). Chacun me reconnaît un style et une originalité certaine et m'encourage à persévérer. Je me lance en tandem dans la création de robes, j'envisage de faire un défilé, je fais quelques modèles, je les garde pour moi et abandonne. J'abandonne aussi l'écriture du roman, je le trouve trop conventionnel.

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****** 1988-1990 Ecriture et mise en scène d'une pièce de théâtre pour enfant "A quoi rêvent les enfants?" interprétée par les élèves du collège de Baillargues (34). Création d'une troupe de théâtre "Les Baladins du soir" dont l'objectif est de mettre le théâtre à la portée de tous. Je refuse un contrat de mannequin pour parfums. Je n'aime pas me mettre en avant. Je quitte Montpellier, me rapproche de ma famille, reviens en Roussillon. Durant l'été, je participe au spectacle "Le Tourbillon du temps" au château de Salses (66), je dirige les éclairages motorisés, choisis les logos, les couleurs, le rythme.

****** 1991-1993 Je pète les plombs, je veux continuer mes études, mes chansons, mon écriture, ma peinture, tout en même temps. J'envoie mes textes à Charles Aznavour, il les trouve d'excellente qualité et inspiration, il faut les mettre en musique. Première formation d'un groupe musical. J'envoie mes textes à la maison de disques Tréma, spécifiant qu'une prémaquette suivra. Une semaine après, Gérard Melet, le directeur artistique de Tréma, sans même avoir écouté les musiques, me fixe un rendez-vous. La qualité des textes encore, ainsi que leur force et originalité. Il faut trouver un interprète. Il m'encourage. Nous restons en contact. Première prémaquette de chansons "Charade étrange". Premier casting pour trouver un(e) interprète, casting qui s'avère infructueux. Je m'inscris au CNED en industrie de l'habillement. J'excelle et abandonne, ce diplôme ne sert qu'au Japon. A bon entendeur...

****** 1994-2001 Je me consacre entièrement aux différentes cordes artistiques de mon arc. Rencontre d'autres musiciens. Enregistre une seconde prémaquette, mais ne trouve toujours pas d'interprète. Je commence l'écriture d'un roman. J'ai trouvé mon personnage, je décide d'écrire au masculin. A la recherche d'un éditeur je retrouve mon ancien professeur de grec, André Vinas, poète et écrivain. J'écris des textes pour un jeune groupe de musique traditionnelle irlandaise "Trad'n Jazz" à Céret(66). Succès local des chansons durant l'été. Je décide de créer en tandem un groupe avec des retraités, compose pour eux des valses musettes et autres fraîches ritournelles. Rencontre avec Marie Salvat (violoniste et interprète). Préparation de la prémaquette "Chimère". Malgré les encouragements d'André Vinas, de Gil Jouanard du centre régional des lettres, d'André Blanchemanche, ancien éditeur, je garde finalement mon roman "Les bulles floues" dans un tiroir, il ne me correspond plus, il ne me ressemble plus, il ne me plaît plus. Je veux passer à autre chose.

****** 2001 Je me lance dans l'écriture et dans l'illustration d'un conte pour enfants "Guili court après le soleil". Me basant sur le bilinguisme omniprésent dans le Roussillon, je décide de concevoir cet album en version bilingue français-catalan. André Vinas me fait rencontrer son ami Pere Verdaguer (chroniqueur, grammairien, écrivain, ancien professeur également). Enthousiasmé par la qualité des illustrations, par la poésie présente dans le texte, ainsi que le côté pédagogique de ce conte, Pere Verdaguer en fait la traduction catalane. Il deviendra le traducteur officiel des albums de Guili.

****** 2002 Enregistrement de la prémaquette "Chimère". Sortie de l'album "Guili court après le soleil/La Guili vol empaitar el sol". Premier album pour enfants bilingue de Catalogne Nord. Adaptation du conte en spectacle, par les écoles de Maureillas-Las-Illas(66). Je commence l'écriture d'un nouvel album de Guili.

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****** 2003-2005 La chanson "Sauvage", extraite de la prémaquette "Chimère", est médaillée aux Jeux Floraux de la Compagnie du Genêt d'Or. Sortie de "Guili et la plus belle maison de l'univers/ La Guili i la casa mes bonica de l'univers". J'obtiens, pour cet album, le soutien du Conseil Général des P.O, la Regidoria de Cultura Catalana, la Generalitat de Catalunya Casa a Perpinya. Je rencontre Martial Fernandez (arrangeur de Jordi Barre) et enregistre sous sa direction le C.D "Chimère", interprété par Marie Salvat.

****** 2005 Les chansons "Rêver" et "Le meilleur de nous deux", extraites du C.D "Chimère", avec Jordi Barre dans le jury, obtiennent le Prix Albert Bausil décerné par la Compagnie Littéraire du Genêt d'Or avec abondance de compliments pour la qualité des textes et des compositions. Je commence l'écriture d'un deuxième roman "Plus loin que la mémoire des Hommes". J'ai toute la structure en tête. Les mots coulent tous seuls, semblent avoir leur propre volonté. Sortie du C.D "Chimère" qui obtient, pour la qualité des chansons, le soutien du Conseil Général des P.O, des Brasseries Milles, Lions Club International, et France Bleu Roussillon, dont le directeur d'antenne Max Chari dira des textes qu'ils sont chiadés, très forts. Dans la foulée Marie Salvat abandonne l'interprétation. Pas d'interprète, pas de tournée possible, le C.D tombe à l'eau.Pince-mi et pince-moi sont sur un bateau, pince-mi tombe à l'eau, qui est-ce qui reste ?

****** 2006-2007 Présentation de deux extraits du roman "Plus loin que la mémoire des Hommes" aux Jeux Floraux du Genêt d'Or. Obtention de la Médaille Prose pour "Le bon endroit du monde" et les "Quatre Vents". Sortie du troisième album de Guili "Guili et la drôle de question/La Guili i la curiosa pregunta". Pour la qualité des textes et des illustrations j'obtiens la Bourse Littéraire de la Région Languedoc-Roussillon. Rencontre Manu Clabecq et Sylvie Bisson, deux illustrateurs de la région. Je décide de mettre en place une exposition collective.

****** 2008-2009 J'apporte les dernières retouches au roman "Plus loin que la Mémoire des Hommes", et reste persuadée que ce n'est pas moi qui l'ai écrit. Ce livre me semble en grande partie avoir été dicté. Exposition collective d'illustrations pour enfants, durant un mois, à l'Espace des Arts du Boulou, avec Sylvie Bisson et Manu Clabecq. Sortie du roman "Plus loin que la mémoire des Hommes", aux éditions Les Presses Littéraires. Réalisation des illustrations d'un ouvrage d'apprentissage de la langue française pour adulte, pour les éditions "Clé", une filiale de "Nathan". Participe au Festival du livre nature et environnement, en Brenne. Rencontre avec Allain Bougrain-Dubourg. Présentation du roman "Plus loin que la mémoire des Hommes", signatures et conférences en divers endroits de la région. Préparation du quatrième album de Guili.

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****** 2010-2011 Préparation du quatrième volet des aventures de Guili. Conférences autour du roman. Ateliers d'écriture et illustration. Achèvement de "Guili fait des choses importantes – La Guili fa coses importants" toujours traduit en catalan par Pere Verdaguer. Début d'un nouveau roman. Pour ce roman, je décide de changer totalement d'horizon. Explorateur oblige.

****** 2012-2013 Obtention du diplôme universitaire Animateur d'Ateliers d'Ecriture. J'entame l'apprentissage de la L.S.F. (Langue des Signes Française). Un vieux rêve… Obtention du Prix Albert Bausil aux Jeux Floraux du Roussillon, décerné par la Compagnie littéraire du Genet d'Or, pour les chansons "Tant que la vie me porte" et "Symbiose latitude". Obtention de la grande médaille aux Jeux Floraux du Roussillon pour le poème "Les mots". Création d' "Arts'monie des mots", association ayant pour objet la promotion du langage écrit, oral ou par signes (L.S.F) par le biais d'animations culturelles ou artistiques.

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PRIX ET BOURSES :

****** 2003 Médaille Poésie aux Jeux Floraux du Roussillon pour le poème « Sauvage ».
****** 2005 Prix Albert Bausil aux Jeux Floraux du Roussillon pour les chansons « Rêver » et « Le meilleur de nous deux ».
****** 2006 Médaille Prose aux Jeux Floraux du Roussillon pour « Les Quatre Vents » et « Le bon endroit du monde » (extraits du roman « Plus loin que la mémoire des Hommes »).
****** 2006 Bourse Littéraire du Conseil Régional Languedoc-Roussillon pour « Guili et la drôle de question ».
****** 2013 Prix Albert Bausil aux Jeux Floraux du Roussillon, décerné par la Compagnie littéraire du Genet d’Or, pour les chansons « Tant que la vie me porte » et « Symbiose latitude ».
****** 2013 Grande médaille aux Jeux Floraux du Roussillon pour le poème « Les mots ».

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